Publié le : 25/09/2017

Les Agendas 21

La France s’est engagée à Rio, lors de la conférence sur l’environnement et le développement, à mettre en œuvre l’Agenda 21 de Rio, programme d’actions pour le XXIe siècle orienté vers le développement durable, dont les finalités sont :

 

•la lutte contre le changement climatique et protection de l’atmosphère

•la préservation de la biodiversité, protection des milieux et des ressources

•l’épanouissement de tous les êtres humains

•la cohésion sociale et solidarité entre territoires et entre générations

•la poursuite de dynamiques de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

 

Au niveau local, l’Agenda 21 est défini par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, comme étant la volonté d’intégrer aux projets locaux toutes les composantes du développement durable : équilibre entre le court et le long terme, conciliation des exigences économiques, sociales et environnementales, prise en compte des enjeux locaux et globaux (efficacité énergétique, effet de serre…), développement écologiquement et socialement responsable.

 

Concernant la prévention des inondations, le constat est simple : la moitié des collectivités exposées aux inondations n’aborde pas la prévention des inondations comme une action de développement durable dans son agenda 21. Les effets de l’inondation sur le territoire, sur ses habitants et son économie sont insuffisamment compris et appréhendés par les élus et par les citoyens.

 

Quand elles prennent en compte l’inondation, les collectivités décrivent rarement les conséquences en termes d’atteinte au développement du territoire. Elles initient très peu d’actions qui peuvent mieux préparer le territoire à être inondé et le rendre plus « durable », plus capable de soutenir une inondation sur le moyen terme. Ainsi les plans de gestion de crise, l’information pertinente de la population, l’analyse et la réduction de la sensibilité et de la vulnérabilité des bâtiments et des services publics ou des réseaux, sont très rarement abordés dans les Agendas 21.

S’adapter à l’inondation pour assurer un avenir durable des territoires

Pourtant les démarches de développement durable, telle que la réalisation d’Agendas 21, représentent des opportunités intéressantes pour intégrer la gestion du risque au sein de l’aménagement du territoire.

La gouvernance de l’agenda 21 est originale : elle montre les capacités de la collectivité à inventer des moyens pour impliquer la population dans ses choix. Pour établir un plan d’action, les collectivités travaillent en collaboration avec tous les acteurs concernés : entreprises, chambres consulaires, services déconcentrés de l’Etat, sociétés d’équipement, milieux professionnels, réseaux associatifs, citoyens… Une sensibilisation de l’ensemble des acteurs à la problématique du risque d’inondation sur un territoire pourrait favoriser l’inscription de cette thématique au sein d’un projet de développement « durable » que représente l’Agenda 21.

Arriver à telle sensibilisation nécessite toutefois d’appréhender l’ampleur des impacts potentiels d’une inondation sur ce territoire. Ce qui est clair, c’est que les crues historiques auraient aujourd’hui des conséquences beaucoup plus graves et des répercussions très nombreuses en dehors de la zone inondable. Les réseaux et services publics dont nous dépendons sont très sensibles et peu résilients : eau potable, électricité, assainissement, transport, télécommunications, services de santé, service bancaires, etc. seront interrompus. Ils interagissent et l’interruption de l’un aggrave celle d’un autre. L’inter-dépendance des réseaux et des services en ville est un facteur de fragilité à anticiper. Sans anticipation, certains réseaux ou bâtiments (TCSP, hôpital, chauffage urbain, etc.) peuvent demander six mois, un an ou plus de réhabilitation avant de pouvoir à nouveau fonctionner. Ainsi, le développement d’un territoire qui ne tiendrait pas compte du risque d’inondation auquel il s’expose, ne saurait être qualifié de durable.

La réflexion est la même dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, qui figure parmi les objectifs de l’Agenda 21. Nos modes de vie et nos modes de faire résultent d’une culture qu’il nous faut changer, d’autant plus vis-à-vis des inondations en développant une culture du fleuve qui considère les inondations et leurs conséquences dommageables, et pas seulement le débordement d’un cours d’eau par exemple. Cette culture doit être partagée par ceux qui vivent sur le territoire et qui l’aménagent : services municipaux, gestionnaires de réseaux, urbanistes, entrepreneurs, etc.

Plusieurs métropoles du Nord de l’Europe ont inscrit de manière explicite la prévention des inondations et de leurs conséquences, dans leur culture du fleuve et en font une image de marque. A une heure où toutes les capitales sont en compétition économique, elles s’approprient aussi le risque d’inondation et montrent qu’elles veulent le gérer positivement et de manière durable, à travers des projets souvent pilotes et innovants qu’elles mettent en évidence.

Toute action d’une collectivité dans le cadre d’un Agenda 21 peut l’aider à mieux anticiper les conséquences d’une inondation, à réduire les dommages dont elle aura elle-même à supporter les coûts non pris en compte par le régime d’indemnisation solidaire (garantie catastrophe naturelle), à assurer une continuité d’activité indispensable voire exacerbée par la crise et à communiquer de manière pertinente en direction des populations et des entreprises.