Publié le : 23/08/2017

Qui gagne quoi à proposer des projets de renouvellement urbains adaptés au risque d’inondation ?

 

Contexte

  

La terminologie «d’urbanisme résilient» est souvent utilisée par facilité, par commodité pour désigner un mode d’aménagement de la ville qui serait globalement compatible avec le risque d’inondation, sans en saisir précisément les contours. Elle s’appuie sur un certain nombre d’exemples de villes européennes (Hambourg, Mayence, Rotterdam, Francfort, Nimègue…) ou françaises (Rennes, Strasbourg, Vitry-sur-Seine…) qui semblent indiquer que le respect de certains principes d’aménagement en zone inondable peut conduire à rendre les quartiers nouveaux ou rénovés plus adaptés au risque. Les aspects techniques, économiques, réglementaires de ces expérimentations sont ainsi en cours de défrichage. Mais le constat est clair : les tentatives de réflexion d’ensemble sur la mise en œuvre d’un urbanisme tenant compte efficacement du risque d'inondation peinent à émerger.

  

Pourtant, il n’y a guère d’autre choix que de bâtir ce consensus sur la manière de renouveler les villes en zone inondable. D’abord, parce que l’héritage français est lourd. 17 millions d’habitants vivent aujourd’hui dans des territoires inondables vulnérables, plus ou moins bien protégés par des ouvrages hydrauliques dont l’état d’entretien n’est pas toujours suffisant. Ensuite, parce que le renouvellement urbain en zone inondable est légal sur de nombreux territoires, et parce que les lois Grenelle y encouragent implicitement un mouvement de densification.

  

La méconnaissance de l’efficacité économique globale des dispositifs d’adaptation urbanistiques au risque d’inondation pèse fortement sur la lenteur de la gestation des projets. Plus encore, lorsque les démarches d’innovation ont pu être lancées et déboucher sur des projets urbains innovants du point de vue de la prise en compte du risque, la question du «qui gagne quoi» à financer d’éventuels surcoûts d’adaptation peut devenir le principal obstacle à la concrétisation du projet. Cette question se pose partout en France mais probablement avec plus d’acuité en Ile de France où la réglementation de l’aménagement des zones inondables est dans une certaine mesure plus souple qu’ailleurs.

 

Objectifs

  

Ce projet a vocation à apporter une contribution supplémentaire à toutes celles que le CEPRI propose pour favoriser la mise en œuvre d’un renouvellement urbain adapté au risque d’inondation dans les territoires exposés.Ce projet a plus spécifiquement pour but d’amener des éléments de réponse à la question: «qui gagne quoi» à financer l’adaptation au risque d’inondation des projets de renouvellement urbain. Au-delà de cette question principale, le projet tentera d’apporter des réponses aux interrogations suivantes: les adaptations urbaines au risque d’inondation sont-elles rentables? Pour qui? Dans quelles conditions? Quels enseignements apportent cette analyse des bénéfices sur les clés de répartition des surcoûts associés à l’adaptation et sur la politique de gestion du risque d’inondation en général?

  

Méthodologie

  

Ce travail prévoit la mise en œuvre d’une méthodologie d’investigation s’articulant sur différentes phases.

Une première phase s’appuiera sur un travail bibliographique, ainsi que sur la sollicitation de professionnels de l’aménagement opérationnel adapté au risque. Elle aura pour but d’établir un cadre d’analyse. La question du «qui gagne quoi» implique tout d’abord l’analyse des gains que représente un renouvellement urbain adapté au risque. Cette première phase permettra également de fixer le cadre de ce que l’on entend par surcoût d’un urbanisme adapté au risque. Enfin il s’agira de procéder à l’identification des bénéficiaires potentiels des adaptations au risque d’inondation et de cerner la répartition de la charge des surcoûts associés à de telles opérations urbaines.

  

Lors d’une deuxième phase, le CEPRI proposera d’appliquer le cadre d’analyse à quelques cas concrets français (opération de renouvellement urbain en Ile de France, Val de Loire,…). L’application du cadre d’analyse passera par un examen des documents relatifs aux projets urbains retenus et par des entretiens avec les acteurs locaux.

  

Production attendue: Un argumentaire sur l’intérêt de concevoir le renouvellement urbain adapté au risque d’inondation.

  

Calendrier : 2015 - 2016.

 

Si vous souhaitez avoir des informations complémentaires, contactez-nous : anne-laure.moreau@cepri.net