Publié le : 21/04/2018

La réalisation d’opérations d’aménagement résilientes aux inondations : qui gagne quoi ?

 

La terminologie «d’urbanisme résilient» est souvent utilisée par facilité, par commodité pour désigner un mode d’aménagement de la ville qui serait globalement compatible avec le risque d’inondation, sans en saisir précisément les contours. Elle s’appuie sur un certain nombre d’exemples de villes européennes (Hambourg, Mayence, Rotterdam, Francfort, Nimègue…) ou françaises (Rennes, Strasbourg, Vitry-sur-Seine…) qui semblent indiquer que le respect de certains principes d’aménagement en zone inondable peut conduire à rendre les quartiers nouveaux ou rénovés plus adaptés au risque. Les aspects techniques, économiques, réglementaires de ces expérimentations sont ainsi en cours de défrichage. Mais le constat est clair : les tentatives de réflexion d’ensemble sur la mise en œuvre d’un urbanisme tenant compte efficacement du risque d'inondation peinent à émerger.

 

Pourtant, il n’y a guère d’autre choix que de bâtir ce consensus sur la manière de renouveler les villes en zone inondable. D’abord, parce que l’héritage français est lourd. 17 millions d’habitants vivent aujourd’hui dans des territoires inondables vulnérables, plus ou moins bien protégés par des ouvrages hydrauliques dont l’état d’entretien n’est pas toujours suffisant. Ensuite, parce que le renouvellement urbain en zone inondable est légal sur de nombreux territoires, et parce que les lois Grenelle y encouragent implicitement un mouvement de densification.

 

La méconnaissance de l’efficacité économique globale des dispositifs d’adaptation urbanistiques au risque d’inondation pèse fortement sur la lenteur de la gestation des projets. Plus encore, lorsque les démarches d’innovation ont pu être lancées et déboucher sur des projets urbains innovants du point de vue de la prise en compte du risque, la question du «qui gagne quoi» à financer d’éventuels surcoûts d’adaptation peut devenir le principal obstacle à la concrétisation du projet. Cette question se pose partout en France mais probablement avec plus d’acuité en Ile-de-France et dans les grandes villes du territoire métropolitain.

 

 

Ce travail a donné lieu à un rapport constituant une contribution supplémentaire à toutes celles que le CEPRI propose, pour favoriser la mise en œuvre d’un renouvellement urbain adapté au risque d’inondation dans les territoires exposés. 

 

Publication : « La réalisation d’opérations d’aménagement résilientes aux inondations : qui gagne quoi ? », Avril 2017.

 

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