Pourquoi le renouvellement urbain en zone inondable pose-t-il question ?
C’est un état de fait, lié à l’histoire de nos villes. Celles-ci se sont majoritairement développées le long des littoraux et des cours d’eau, pour des raisons économiques, de transport fluvial et maritime, ainsi que d’attractivité de ces territoires (développement du tourisme balnéaire à partir du milieu du XIXe siècle). En raison de leur proximité avec l’eau, il est cependant «naturel» que ces zones soient soumises aux risques d’inondation.
L’objectif de densification des lois Grenelle pose le problème de l’avenir des villes, qui doivent limiter leur étalement. Or bien souvent, les terrains qui restent encore à urbaniser au sein des villes, sont inondables.
Dans les centres urbains denses, le renouvellement urbain apparaît comme une solution privilégiée pour redynamiser des secteurs anciens ou dégradés. Ce sont également bien souvent des terrains ayant une valeur foncière très importante, qui sont très attractifs car situés en bord de mer ou de cours d’eau, à proximité des réseaux de transports. Ils s’inscrivent dans un tissu urbain parfois déjà dense, où peuvent cohabiter équipements publics, entreprises, logements, etc.
Mais que faire de ces zones au potentiel de développement important, lorsqu’il s’agit de zones inondables ? Qu’en faire lorsqu’il s’agit de friches urbaines, avec parfois un passé industriel impliquant des opérations coûteuses de dépollution, situées au cœur de nos villes ?
Dans la continuité du travail de recherche entrepris en 2012 sur des projets architecturaux prenant en compte le risque d’inondation de manière innovante en France et en Europe, le CEPRI poursuit ses investigations sur cette question du renouvellement urbain dans les zones inondables. Il se nourrit d’une bibliographie étrangère importante, ainsi que de rencontres avec des professionnels architectes, urbanistes ou chercheurs dans le domaine de la ville résiliente.
Ce travail a donné lieu à un rapport proposant des principes prospectifs permettant d’envisager l’aménagement de ces zones, illustrés par des projets réalisés ou en cours d’élaboration.
Publication : « La recomposition spatiale et l’intégration du risque dans l’aménagement – Fiches-projets », Février 2023.
« Rapport : La réalisation d’opérations d’aménagement résilientes aux inondations : qui gagne quoi ? », Avril 2017.
« Comment saisir les opérations de renouvellement urbain pour réduire la vulnérabilité des territoires inondables face au risque d’inondation ? – Principes techniques d’aménagement », Février 2015.
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Le renouvellement urbain résilient encouragé par le décret de 2019 sur les PPRI
Le décret n° 2019-715 du 5 juillet 2019 relatif aux PPRI a introduit une évolution importante en faveur du renouvellement urbain résilient en zone inondable. Dans les zones urbanisées, y compris en aléa fort ou très fort, les opérations de renouvellement urbain peuvent être autorisées lorsqu’elles permettent de réduire la vulnérabilité à l’échelle de l’opération. À l’inverse, les zones non urbanisées restent fortement protégées : les constructions nouvelles y sont interdites, avec des exceptions possibles uniquement en aléa faible ou modéré et sous conditions.
Le décret s’applique aux PPRI dont l’élaboration ou la révision a été prescrite après le 7 juillet 2019 ; pour les PPRI prescrits avant cette date, il est recommandé d’en appliquer les principes dans la mesure du possible. Cette évolution vise à concilier les besoins de renouvellement et de requalification des espaces déjà urbanisés avec les objectifs de prévention du risque d’inondation, tout en préservant les champs d’expansion des crues et en évitant l’implantation de nouveaux enjeux dans les secteurs les plus exposés.
Pour en savoir plus :
Guide méthodologique – PPRI par débordement de cours d’eau – version 2024.pdf
Modalités d’application du décret n° 2019-715 du 5 juillet 2019


